lundi 19 septembre 2016

Accord UE-Canada : les élus s'inquiètent de l'avenir des fromages français


Selon José Bové, 32 fromages français s'apprêtent à être «sacrifiés» dans le cadre d'un accord de libre-échange que négocient l'Union européenne et le Canada. Des politiques de tous bords s'inquiètent de la disparition des appelations d'origine protégée.

L'avenir des fromages français est-il compté? Les négociations autour d'un accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada inquiètent plusieurs élus. C'est une tribune de l'eurodéputé José Bové publiée le 11 septembre dernier dans Libération qui a mis le feu aux poudres. «Le gouvernement français s'apprête à sacrifier 32 fromages sur les 53 produits laitiers protégés au niveau européen par une appellation d'origine», y écrit le militant altermondialiste. En cause: les indications géographiques (ou appellation d'origine protégée) qui pourraient disparaître pour certains fromages, parmi lesquels le brie de Melun, le chaource, le rocamadour, le saint-marcellin ou encore la tomme des Pyrénées... Ces appelations «garantissent aux consommateurs que le produit qu'ils achètent a été élaboré selon un cahier des charges strict et qu'il vient d'une aire géographique limitée», relève José Bosé. Et d'affirmer que si l'accord n'évolue pas, ces fromages «pourront alors être fabriqués, copiés, plagiés au Canada sans que les producteurs (français) n'y aient à redire». L'eurodéputé dit avoir demandé, sans succès, des explications à Matthias Fekl, le secrétaire d'Etat au commerce extérieur. 

«Soyez gentils, laissez le brie de Meaux tranquille»

 

Si le mutisme est de mise au gouvernement, la droite n'a pas hésité à faire sien du combat de l'altermondialiste. «Il est hors de question pour moi de livrer à la vindicte des technocrates un produit de cette qualité», s'est insurgé Jean-François Copé jeudi dernier sur C8. Pour le député-maire de Meaux, «c'est un combat de longue haleine». «Ça fait des années que je suis vigilant, que je rencontre des homologues européens pour leur dire “Ecoutez, il y a sans doute des tas de beaux combats à mener mais soyez gentils, laissez le brie de Meaux tranquille.” Moi, je ne lâcherai rien», assure le candidat à la primaire de la droite qui rappelle au passage que son slogan de campagne est «On ne recule plus».

Lundi, c'est le président des Républicains, Laurent Wauquiez, qui a relayé sur Twitter un article sur le sujet. Prudent, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, s'interroge: «Treize fromages de la région sacrifiés par le gouvernement?» «Je demande une clarification immédiate du gouvernement sur le traité avec le Canada», a-t-il ajouté sur RCF.

Même démarche pour l'eurodéputée FN Sophie Montel qui a partagé sur les réseaux sociaux un article du Canard enchaîné se faisant écho de l'interview de José Bové. «“Grâce” au traité de libre-échange UE/Canada, les AOP des fromages français ne sont plus protégés», s'alarme-t-elle.

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