mardi 27 septembre 2016

Jean Boissonnat, la figure du journalisme économique des "Trente Glorieuses"


Cofondateur du magazine l'Expansion, puis de L'Entreprise, ancien directeur de la rédaction de La Tribune de l'Expansion, Jean Boissonnat est mort ce dimanche à l'âge de 87 ans. C'est une figure du journalisme économique, aux immenses qualités de pédagogue, qui disparaît. 
 
Avec la mort à 87 ans de Jean Boissonnat, ce dimanche 25 septembre des suites d'un AVC, c'est une grande figure du journalisme économique qui disparaît. Ce spécialiste de l'économie, journaliste et essayiste, a marqué plusieurs générations, tant dans la presse, où il a créé et dirigé de nombreux magazines, que dans les milieux d'affaires et politiques où son influence était grande.
Né le 16 janvier 1929 à Paris, ce fils d'ouvrier, militant à la Jeunesse étudiante chrétienne, sort diplômé de l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris, où il a été maître de conférences, puis professeur de 1960 à 1971. En 1954, aux débuts de ce qui sera appelé plus tard les "Trente Glorieuses", il entame sa carrière de journaliste dans la fidélité à ses convictions chrétiennes, en entrant au journal La Croix dont il deviendra chef du service économique et social jusqu'à son départ en 1967.

Le journaliste économique pédagogue

 

Avec Jean-Louis Servan-Schreiber, Jean Boissonnat cofonde alors le magazine économique L'Expansion, le journal phare des "Trente Glorieuses" avant que celles-ci ne tournent avec la crise des années 1970 aux "Trente Piteuses". Rédacteur en chef du magazine de 1967 à 1986, il en devient le directeur de la rédaction de 1986 à 1994. Jean Boissonnat a aussi dirigé la rédaction de La Tribune de l'Expansion (1987-1992), pendant la période où notre journal, fondé en 1984 par Bruno Berthez, a été détenu par le groupe Expansion.

 Grand pédagogue, Jean Boissonnat a marqué des générations d'étudiants à qui il a fait aimer l'économie, matière souvent austère voire absconse. Il a également été pendant plus de douze ans la voix de l'économie sur Europe 1, où il tenait une chronique, tout en collaborant à plusieurs autres quotidiens dont Le Parisien, Le Midi libre, Le Progrès, L'Est républicain et Ouest-France. Ecouté et respecté pour sa rigueur dans les milieux des affaires et de la politique, Jean Boissonnat a aussi co-animé avec Michèle Cotta le débat présidentiel qui opposa entre les deux tours de l'élection présidentielle de 1981 Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand.
 
Essayiste, il a écrit de nombreux ouvrages, dont "Journal de crise, 1973-1984", "L'Aventure du christianisme social : passé et avenir" (1999), "La Fin du chômage ?" (2001) ou "Plaidoyer pour une France qui doute" (2004).

Lorsque la gauche arrive au pouvoir, avec François Mitterrand, il est nommé en 1982 sur la liste des personnalités qualifiées à la Commission nationale de la planification, sous l'égide de Michel Rocard, ministre chargé du Plan. Lorsqu'il prend sa retraite et quitte la direction du groupe L'Expansion, à l'âge de 65 ans, Jean Boissonnat a aussi été nommé au conseil de politique monétaire de la Banque de France, dont il restera membre de 1994 à 1997 et où il fera souvent la preuve de son indépendance face au gouverneur de l'époque, Jean-Claude Trichet. Il a aussi longtemps été membre de la Commission des comptes de la Nation au ministère des finances et a présidé la Commission emploi du Commissariat au Plan.

La Tribune

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