vendredi 16 septembre 2016

Une reconstitution sans l’assassin présumé

Hier après-midi, à Meysse, avait lieu la reconstitution judiciaire d’un homicide commis le 14 juillet 2014, au cœur du village. Ce jour-là, cette commune de la vallée du Rhône a été le théâtre d’un drame qui a suscité l’incompréhension.

Mickaël Crepaldi, 28 ans, ouvrier électricien, avait acheté la maison de village au numéro 3 de la rue de la Placette, depuis quelques années, et la rénovait. Le 14 juillet 2014, vers 13 heures, un riverain avait alerté la gendarmerie, suite à plusieurs détonations provenant de son domicile. L’Ardéchois venait de tuer un homme qui lui rendait visite, de deux balles dans la tête et une au thorax.
Toujours en vie lorsque les secours sont intervenus, la victime, un trentenaire originaire de la région de Saint-Étienne, est décédée des suites de ses blessures, quelques heures plus tard.

En garde à vue, l’Ardéchois avait rapidement avoué ce qui l’avait poussé à tirer. La victime, selon ses explications, était son fournisseur de drogue. Il lui devait plus de 20 000 euros.

« Il s’est trouvé pris dans un engrenage, et a perdu la tête »

Le 16 juillet 2014, c’est pour assassinat qu’il a été mis en examen devant la chambre de l’instruction du tribunal d’Avignon. Un chef d’inculpation qui implique que le meurtre ait été commis avec préméditation et/ou guet-apens. « C’est un garçon qui vivait, depuis des semaines, sous des menaces pour sa vie et celle de sa famille », a rappelé, à l’issue de la reconstitution, son conseil, Me Alain Fort. « Il s’est trouvé pris dans un engrenage, et a perdu la tête. »
Deux ans et deux mois après les faits, l’assassin présumé n’a finalement pas pu sortir du fourgon de la gendarmerie pour participer à la reconstitution. « Il est dans un état psychologique très difficile, pour des raisons personnelles », a expliqué son conseil. Ses anciens voisins meyssois sont toujours en recherche de réponses. « Je connaissais bien Mickaël, on était amis, confie l’un d’entre eux. Je ne comprends pas comment il en est arrivé là… »

Audrey Morel

Le Dauphiné

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