Jeunes actifs, retraités, ils étaient plus de 200 habitants des États (le quartier en compte 17 000) à assister mercredi soir à l’Espace 101 à la réunion publique organisée par le Cil des États-Unis avec les élus du 8e.

 

Un effectif renforcé avec dix nouveaux policiers

Des gens de toute origine, vivant parfois depuis dix ans dans ce quartier des États, venus dénoncer d’une seule voix leur ras-le-bol face à des incivilités et des violences qui n’ont que trop duré. Mais aussi, leur attachement forcené à ce quartier et aux policiers même si souvent ils dénoncent des appels téléphoniques au numéro d’urgence de la police, le 17, qui n’aboutissent pas, faute d’être pris au sérieux.

Face à eux, les élus du 8e , dont Christian Coulon, le maire d’arrondissement en tête, et Florence Corridor, la commissaire de police des 7e et 8e arrondissements. Mais aussi, Daniel Godet, le directeur général de Grand Lyon Habitat, un bailleur social très présent sur le secteur. Durant une heure et demie, les habitants ont évoqué leur ras-le-bol. Sentiment d’insécurité, voitures brûlées, intimidations, insultes reçues, coup parfois, rodéos, bruit nocturne, coups de feu… Un pêle-mêle de faits glauques balancé par des habitants parfois à bout de nerfs ou juste en colère.

Florence Corridor, la commissaire, reconnaît : « Votre secteur est particulièrement touché. On en est bien conscients ! C’est notre priorité ! », tout en indiquant : « Nous, policiers sommes aussi victimes de jets de projectiles »

Pourtant, les choses bougent aux États-Unis. Des réunions régulières ont lieu entre les forces de l’ordre et les bailleurs sociaux ; les forces de l’ordre et les élus mais aussi avec les centres sociaux. Seulement, cela se fait en coulisses et ça prend du temps. Les habitants sont en plein désarroi. Depuis mars 2016, un coup a été porté par la police nationale aux rodéos puisqu’elle a mis hors de circulation 27 deux-roues. Les effectifs de police viennent d’être renforcés avec l’arrivée de dix nouveaux policiers. L’association de médiation Amély est entrée en action pour gérer des conflits de voisinage autour du vivre ensemble et un conseil citoyen est en train de se créer.

Les délinquants à l’origine des perturbations, pas les jeunes

Alors que chacun parle de son chez lui, un homme prend la parole : « On ne vit pas à un numéro de rue bien précis ! L’appartement, le jardin public, la rue, le marché font partie de notre vie ! » S’adressant au commissaire, il note « Notre rôle c’est de vous alerter sur ce qui se passe de façon civique ! Que vous le vouliez ou non, nous sans vous nous ne sommes rien ! Mais, sans nous, vous n’êtes rien ! » Christian Coulon en guise de conclusion résume : « Ce ne sont pas des jeunes qui perturbent le quartier mais bien des délinquants ! Il faut aimer la police et essayer de l’aider. La mairie du 8e est aussi là pour servir d’intermédiaire au besoin. »
Marie-Christine Parra