mercredi 5 octobre 2016

Si Orbán rate un atout face à Bruxelles, cela ne change rien pour la Hongrie





Le référendum du Premier ministre Viktor Orbán a mobilisé 44,35 % des électeurs hongrois. Ce qui invalide théoriquement le vote, le quorum des 50 % n’étant pas atteint. Le référendum qui devait venir couronner un an de politique anti-bruxelloise en termes d’immigration illégale laisse un goût amer dans la bouche de certains… et en particulier des admirateurs de Viktor Orbán à l’étranger, et de ceux qui voient en lui un sauveur de l’Europe face à l’immigration et à la gauche libérale-libertaire favorable au suicide ethnique et culturel. L’échec d’un champion est toujours décevant, et il est si convenu de crier à la défaite après une bataille, alors que la guerre n’est pas finie. 

À l’unisson avec la gauche mondialiste hongroise, la presse occidentale essaye de faire passer ce référendum pour une défaite totale. Mais cela est faux. 

Le NON est arrivé très largement en tête, avec 98,32 % des votes valides (soit 39,27 % des électeurs). Bien que la participation soit faible, le message des électeurs est clair. Il faut d’ailleurs relativiser cette faible participation : lors des six référendums passés depuis le changement de régime, la participation moyenne était de 41,89 %. Les citoyens les plus attachés à la démocratie se sont donc exprimés par un retentissant NON à la politique bruxelloise concernant l’immigration illégale. Et, si ce référendum est invalide, que dire de celui de 2003 sur l’entrée de la Hongrie dans l’Union européenne, qui n’avait attiré que 42,05 % des électeurs, dont seulement 37,80 % avaient voté OUI ?

En outre, si le référendum est officiellement invalide, ce n’est pas une défaite légalement parlant. Viktor Orbán manque seulement un bel atout à jouer face à Bruxelles. Cela ne signifie pas que la Hongrie dit OUI aux quotas, qu’elle va détruire sa barrière ou laisser entrer les clandestins sans contrôle dorénavant.
La politique migratoire de la Hongrie n’est pas influencée par ce référendum. En somme, c’est comme s’il ne s’était rien passé. Quant à l’interprétation d’un tel résultat, elle est soumise à l’appréciation de chacun…
 Le Fidesz d’Orbán, bien entendu, se concentre sur les 98,32 % exprimés de NON aux quotas. « C’est un formidable résultat », clame Viktor Orbán. Le Fidesz annonce, en conséquence, une modification constitutionnelle, pour protéger la Hongrie des velléités de la Commission.

Le parti radical Jobbik, premier parti d’opposition, craignant l’invalidité du vote, réclamait dès le départ une simple modification constitutionnelle. Le parti patriotique avait pourtant appelé à voter NON, estimant que le référendum dépassait la politique des partis. Pour son président Gábor Vona, c’est un but contre son camp de la part du Premier ministre. Les conditions référendaires (dont le quorum) ont été décidées par le Fidesz en 2011…

Les votes nuls ont atteint 6,33 % des suffrages exprimés, ce qui dépasse les 1 ou 2 % habituels. C’est le résultat de la campagne satirique des libertaires du « Parti hongrois du chien à deux queues », sorte d’amicale politique potache anarcho-bobo, rejoints sur ce coup par une bonne partie des électeurs de gauche. Ce résultat, additionné au 1,68 % de OUI des suffrages exprimés, représente l’opposition « de gauche » active, faisant passer Bruxelles avant Budapest et voulant envoyer un message d’opposition générale à Viktor Orbán.

Quant aux partis de gauche globalistes et libéraux-libertaires, ils clament leur prétendue victoire, relayée par la presse mainstream. Il est vrai que les partisans de l’anti-nation avaient appelé à s’abstenir. Mais en plus de se jeter dans le travers du Fidesz qu’ils ont dénoncé – à savoir utiliser cette question de manière partisane et non nationale -, leur consigne de non-vote est une incitation au manquement à un devoir de citoyen et un acte de trahison.
C’est donc une semi-victoire pour Orbán, qui n’aura pas en main l’As dont il rêvait mais s’en sort avec une bonne main lui permettant de lancer une modification constitutionnelle et continuer sa politique migratoire, légitimée par 98,32 % des votes valides. L’invalidité technique du référendum doit toutefois être prise comme un signal d’alarme : l’opposition se renforce et la corruption, notamment, devrait être mieux combattue…

 
Au final, à question politique, traitement politique, et l’interprétation du résultat dépend fortement du point de vue de chacun. Viktor Orbán, en tout cas, y voit une victoire et va continuer sa politique migratoire dans cet état d’esprit. La Hongrie continue de porter l’étendard du NON à la politique migratoire bruxelloise.

Ferenc Almássy

Boulevard Voltaire 

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